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burningtheater
Description du blog :
Quand les flammes de l'enfer s'attaquent aux étoffes luxueuses de la vie, tout n'est que brûlures.
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
03.05.2008
Dernière mise à jour :
03.05.2008
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Acte I - Scène 1 : L'Innocence, le Mensonge et le Boucher

Posté le 03.05.2008 par burningtheater
Strasbourg, le 2 Mai.
Parc de l'Orangerie.

Deux petites filles s'approchent d'un monsieur, assez gros et portant à son flanc un large couteau rougie par le sang. Ce dernier est assis sur un banc, et les fillettes se placent de part et d'autre de lui.

Fillette 1 : Bonjour monsieur, je m'appelle Angelique.
L'homme : Enchanté, Angelique. Tu sais que tu ne devrais pas t'adresser à des inconnus? Cela pourrait être dangereux. Néanmoins, je me nomme Bélial. Quel est le nom de ton amie?
Fillette 2 : Je me nomme Angelique.
L'homme : Oh! Toi aussi...? Êtes vous donc sœurs? Vous ne devriez pas rester ici, votre mère doit s'inquiéter, et votre vision en ma compagnie devrait l'effrayer au point d'en perdre connaissance.
Fillette 1 : Pourtant vous n'avez pas l'air méchant, monsieur Bélial, juste un peu triste.
Fillette 2 : Et même attachant.
[b]L'homme : Et pourtant, tout va dans ma vie : je ne blesse personne sinon moi-même, et personne n'a à me blesser car personne ne me côtoie.
Fillette 2 : C'est une vie peu originale, tout à fait morne.
Fillette 1 : C'est une vie très triste.
L'homme : Vous ne devriez vraiment pas rester auprès de moi; j'ai par le passé commis des crimes par delà la logique: blessé et menti, aimé et regretté, et les gens condamnent des pires malédictions ceux qui s'approchent de moi. Je ne souhaite pas votre malheur.
Fillette 1 : Personne n'a alors encore reconnu votre valeur et ne vous a aimé pour ce que vous êtes.
Fillette 2 : Les gens sont tous fous et incultes.
L'homme : La folie des gens ne protègent pas des actes que ces derniers peuvent engendrer, et encore moins de la haine qu'ils produisent à l'égard des incompris, ou encore de ceux que le destin frappe si fort qu'ils en oublient l'Amour véritable! Ahhh, Judith, mon aimée, si déchue que tous les diables et les anges du monde n'ont pu retenir une larme sur l'élan de mon cœur qui s'est fendu sur la faux de la blafarde...
Fillette 2 : Quelqu'un vous aime; ou vous aimera, c'est dans l'ordre des choses pourtant.
Fillette 1 : Vous aussi, avez droit au bonheur.
L'homme : Partez, partez vite, ou vous risquez de subir mon fardeau! Qu'importe l'amour, ni le bonheur, quand bien même y aurais-je accès que je me le refuserai; je ne crois pas y avoir droit! Partez!

[i]L'homme poussant les deux fillettes au delà du banc, se fit surprendre par les cris de l'un d'entre elle : attirant ainsi les regards des passants, et par la suite, leur hostilité.
Lorsqu'on mit K.O. le géant à l'arme blanche, on le jugea d'un tribunal qui contenait un vieillard, un homme mûr et un jeune homme.
Après questionnement, l'une des fillettes répondit que Bélial l'avait poussé du banc. L'autre répondit qu'il la touchait du plat des mains.
Quand on demanda de préciser les raisons pour lesquelles les fillettes eurent droit à ces réactions tactiles, l'une répondit :
"C'est parce qu'il est seul"
et l'autre répondit :
"C'est qu'il avait peur de la beauté"

Accusé d'attouchement sur des fillettes qu'il aurait pu aimer de tout son cœur, il se suicida lui-même pour ne plus jamais infliger pareil spectacle à un enfant innocent.

Et lorsque l'Innocence apprit sa mort, elle se suicida pour le rejoindre, afin qu'il ne soit plus jamais seul.
Et le Mensonge se fît passer pour une martyr, s'abreuvant de la bonté, de la pitié et de la bêtise de tous les gens.[/i]



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